Violette Plenel : une belle énergie

La jeune douessine, atteinte de myopathie et pratiquante du kyokushinkaï depuis trois ans, s’est
illustrée la saison dernière en devenant championne départementale dans sa catégorie d’âge.

Avec sa petite frange qui lui tombe sur les yeux, son verre de lait et ses biscuits « Pat’Patrouille » pour le goûter, Violette ressemble à bien d’autres jeunes filles de son âge. Elle a pourtant deux particularités, contradictoires à première vue : celle d’être une championne de karaté, et d’être atteinte de myopathie à disproportion de fibres, une maladie qui se caractérise par une faiblesse généralisée des muscles dès la naissance. Toute jeune, Violette a subi d’importantes opérations, a passé plusieurs années avec un corset, et suit encore maintenant de nombreuses séances de kiné. Mais tous les mardis et vendredis soirs, elle est sur le tapis d’entraînement du RCD kyokunshinkaï.

Une histoire de famille
« Dans ce sport, j’aime tout » explique-t-elle du haut de ses 10 ans. La rencontre avec cette forme de karaté, basée sur l’efficacité et la rapidité, s’est faite pourtant un peu par hasard. En 2016, une copine de Lili, la sœur aînée de Violette, lui propose de faire cette activité. La copine ne s’inscrira jamais mais Lili, elle, est conquise. Leur père s’y met, puis Violette : « j’ai eu envie de faire comme Lili ». Après deux ans de pratique, Violette se mesure à ses premières compétitions, en départemental et en régional et termine sur le podium. « C’étaient des épreuves de kata » indique la jeune fille. « C’est un enchaînement de gestes techniques, un peu comme une chorégraphie. Franchement, c’est assez joli. » Elle y concourt avec des enfants dits valides. « Violette a une tonicité moindre, mais elle a une belle énergie, elle est démonstrative et très précise dans ces gestes » souligne son père Cyril. Pour progresser dans ce sport, la jeune fille devrait poursuivre en para karaté mais les coûts de formation sont importants pour les fédérations. « L’Association française de myopathie [AFM] suit le sujet de près » précise Mélanie, la maman de Violette. Car karaté et myopathie font étonnement bon ménage : « C’est un sport très complet, qui fait travailler le cardio, l’endurance, le renforcement musculaire… » Cyril Plenel sait de quoi il parle : il est lui-même pratiquant et myopathe. Lorsque son neurologue l’a revu après le confinement, alors que tous les entraînements avaient été arrêtés, il lui a conseillé de reprendre rapidement pour entretenir ses muscles.

Donner le meilleur de soi-même
« La notion de ‘osu’ est très importante dans le kyokunshinkaï » poursuit-il. « Il remplace le ‘oui’
quand un exercice est demandé. Il sous-entend que vous allez donner le meilleur de vous-même. » Un art que Violette maîtrise parfaitement. Son parcours démontre l’importance de l’inclusion, que ce soit dans les clubs qui l’ont accueilli avec une grande bienveillance à Doué (Danse Attitude, le RCD Kyonkunshinkaï), ou dans son parcours scolaire, que Violette a commencé à trois ans, comme les autres enfants. À la rentrée prochaine, Violette entrera au collège. Une nouvelle étape pour cette petite championne qui a déjà tout d’une grande.

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